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lundi 16 septembre 2019

Sur les traces de Belzébuth

TITRE : Sur les traces de Belzébuth
AUTEUR : Aurélie Genêt
EDITIONS : Nats Editions



Résumé


Fin du XIVe siècle. Le chevalier Richard et ses compagnons parcourent les routes du royaume de France dans le but d'aller combattre les Anglais. De joutes en amours, de villes en campagnes, ils arrivent en Auvergne et découvrent un étrange château sur lequel plane une vieille malédiction.

De nos jours, la famille Mariey au grand complet, le chat Belzébuth compris, part en vacances en suivant, sans le savoir, le chemin du chevalier. En poursuivant leur félin fugueur, parents et enfants se retrouvent piégés dans un monde figé dans le temps…

Le salut de chacun se cache-t-il dans un mystérieux livre, écrit jadis par le chevalier Richard ?

Mon avis


Je remercie les éditions Nats pour ce service presse d’Aurélie Genêt. J’avais beaucoup apprécié ma lecture des Larmes d’Ipacheta et j’étais curieuse de découvrir cet autre roman de l’auteur.

J’avoue que j’ai mis quelques pages avant d’entrer dans l’histoire. Le roman fait plus de 500 pages et ce ne fut qu’au bout d’une centaine que je me suis plongée dans le récit. Pour ces premières pages, l’auteur met en place son intrigue. Plusieurs chapitres consécutifs sont consacrés au Chevalier Richard au XIVème siècle, puis apparaît un chapitre de temps à autre concernant une famille de notre siècle…
Pour résumer, nous suivons d’une part un jeune homme, batard d’un noble, qui a été fait chevalier et qui parcourt le royaume avec son ami Lancelot et leurs écuyers. Ses pas le mèneront dans un village étrange et peu accueillant où la légende du diable fait frémir. La fureur du seigneur les mènera dans une grotte où ils trouveront tous refuge tandis qu’à l’extérieur la terre gronde. Puis, nous suivrons Frédéric, sa femme Julie et leurs enfants Lélia et Mathis, qui, sur la route des vacances, vont se trouver embarquer dans une drôle d’aventure à cause de leur chat, Belzébuth. En suivant l’animal qui a fui, ils découvriront une grotte immense où vivent des gens toujours resté dans les traditions de 1371, très pieux et craintifs de l’extérieur. 

La venue des étrangers de l’extérieur sera un bouleversement pour la petite communauté dirigée par cinq familles de « nobles » sous la houlette d’un évêque, Ambroise. Les personnages sont parfois nombreux, mais tout est si bien intégré qu’on ne peut se mélanger. J’ai adoré les jeunes protagonistes : Alixette, Arthur, Jehan et Blanche. On sent que la nouvelle génération est celle qui permettra à la communauté de sortir de cette crainte instaurée par ce système féodal avec des seigneurs. Il en va ainsi avec Faucon, fils du comte Hémon ou encore de Gilles de Sollagnac. Au fil des péripéties de la petite famille, on s’attachera à ces gens peu cultivés, craintifs mais curieux. 

Le texte est divisé en trois parties. Si la première fut un peu difficile pour moi, dès la seconde, j’ai été happée par le récit, l’intrigue et les protagonistes, tremblant parfois pour eux. Comme pour Les larmes d’Ipacheta, les recherches historiques ont été importantes et on le sent : dans les descriptions des demeures, des objets, des vêtements, dans le langage, dans le contexte historique, etc… C’est d’ailleurs fort agréable d’avoir un texte aussi bien travaillé sans que les termes et les phrases soient lourdes. 

Pour conclure, Sur les traces de Belzébuth fut une lecture surprenante. Je ne m’attendais pas du tout à cette tournure de texte en lisant le début et je fus ravie de découvrir ce roman mêlant Histoire, aventure et un peu de romance. 

Extrait


Soupesant tous les espoirs, il chercha du regard le jeune homme qu’ils avaient fui au village et qui avait arrêté Julie. Celle-ci avait affirmé qu’il avait agi à regret et avait fait montre de pitié. Puisqu’il était, d’après la villageoise, le fils du comte, peut-être pouvait-il avoir de l’influence sur ce dernier ? Mais il eut beau détailler, il ne l’aperçut nulle part.
Il repéra cependant deux femmes à l’écart qui l’observaient intensément. Les gens évitaient de s’approcher d’elles. Leurs vêtements différaient de ceux des autres, leurs cheveux restaient dénoués sur leurs épaules. Elles se ressemblaient énormément, tant dans leur apparence physique que dans leur tenue, sauf que la plus jeune portait un grand panier. Frédéric devina que la flamboyance rousse de leur chevelure participait certainement beaucoup à cette mise à l’écart.
- Maintenant, ordonna l’évêque, que les condamnés approchent.
Un court instant, Frédéric mesura leurs chances s’ils tentaient de fuir. Mais la falaise représentait le meilleur des geôliers. Il n’existait aucune alternative. Il considéra l’escalier de pierre donnant sur une petite plate-forme de laquelle on les jetterait dans le brasier s’ils ne se décidaient pas à sauter d’eux-mêmes. Quelqu’un lui délia les mains, puis le poussa dans le dos en direction des marches. Il se tourna vers Julie. Leurs regards se rencontrèrent. Celui de sa femme, malgré le courage de cette dernière, brillait de détresse. Il sentit qu’elle lui prenait la main et serra la sienne en retour. Malgré ses larmes, elle lui sourit et, ensemble, ils avancèrent vers le bûcher.

jeudi 11 juillet 2019

La Fée Polie

TITRE : La Fée Polie
AUTEUR/ILLUSTRATEUR : Kalima RITOU & Ko-Hsin HSU
EDITIONS : Nats



Résumé


Yak est un petit lapin plein d’énergie… mais pas très poli !
À cause de cela, il a du mal à se faire des amis.
Heureusement pour lui, la Fée polie vient à son secours.

Mon avis


Je remercie Nats Editions pour ce service presse. Voilà quelques temps que je n’avais pas chroniqué un livre jeunesse. Mes enfants grandissant,  je n’ai plus l’occasion de découvrir de nouveaux albums à la maison.

La Fée Polie est un petit ouvrage qui met en scène un petit lapin prénommé Yak qui n’est pas poli, menteur et fait beaucoup d bêtises. Bref, Yak n’est pas ce qu’on appelle un bon copain ! Invité à l’anniversaire de Mao, le petit chat, le lapin n’en fait qu’à sa tête : pas de bonjour, pas de merci, tout est pour lui ! Seulement, il s’apercevra que la conséquence de ses actes sera de se retrouver seul. Ses amis, fatigués de ses pitreries, le délaissent. C’est alors qu’apparaît la fée polie…

Ce petit livre est un rappel à nos enfants des règles de politesse et des résultats lorsqu’on n’est pas courtois. Un simple merci ou un bonjour donne une bonne image et envie de connaître une personne. Quand on est aimable, on peut se faire bien plus facilement des amis… 

Les illustrations sont mignonnes et très jolies. La mise en page est soignée et agréable à découvrir. Concernant l’histoire en elle-même, je pense juste qu’il manque une apparition des parents de Yak afin de voir leur comportement vis-à-vis de leur fils. Sinon, j’ai beaucoup apprécié la petite leçon de moralité qui donne une petite touche heureuse appréciée des enfants.

Pour conclure, voici un joli ouvrage à faire découvrir aux jeunes enfants afin qu’ils n’oublient jamais que la politesse est un premier pas pour se faire aimer et avoir des amis avec lesquels jouer gaiement. 

mardi 12 février 2019

Dans la peau

TITRE : Dans la peau
AUTEUR : Merry DAUREY
EDITIONS : Nats


Résumé


2395.
Tout va bien dans le meilleur des mondes…
La piela a fait son apparition et guide l’Humanité, qui semble avoir enfin trouvé la paix et la prospérité recherchées au cours des millénaires précédents.
Olydia et Arwyn en sont en tout cas persuadées et mettent toute leur énergie au service de la société.
Mais tout ceci n’est-il pas qu’illusion ?

Mon avis


Je remercie les éditions Nats pour ce service presse. Ce texte court fut une très jolie découverte et le thème dystopique aurait très bien pu aller à un roman d'ailleurs... 

Nous sommes en 2395 et les hommes sont "heureux". Pas de futur catastrophe ici ! Pas de guerre qui aurait ravagé le monde ! Non ! Le nom de ce qui changera à jamais les hommes est la piela, un virus qui se fiche dans la peau. Il s'agit d'un motif qui apparaît sur la peau et qui est un guide du bonheur. Comme les dessins sont variés, il a fallu aux hommes qu'ils en apprennent les significations, mais tous sont loin d'être résolus. Bref, tout est indiqué : le métier, la vie amoureuse,...

Cette nouvelle nous est présentée comme un journal intime. Nous suivons les pensées d'Arwyn qu'elle désire partager avec ses proches. Arwyn est décédée et ses carnets vont aider ses amis à y voir plus clair quant à leur monde parfait. En parallèle, nous apprenons à connaitre Olydia, la meilleure amie d'Arwyn, et l'évolution de son raisonnement. Enfin, nous avons Kelen, le frère d'Arwyn, qui remettra le dernier carnet à Olydia, et Niudir, l'ami des deux jeunes femmes. Nous nous apercevons très vite que les deux garçons ont découvert des secrets inavouables et leur désir est d'ouvrir les yeux d'Olydia. Cette dernière mettra un long moment pour terminer cette lecture et nous saurons certaines choses bouleversantes. 

En découvrant ce petit texte, on peut se dire : "enfin, un texte dystopique qui n'est pas post-apocalyptique!". Seulement, le terme de "catastrophe" ne désigne-t-il pas un bouleversement de la communauté ? Quelque fois, il peut être plus virulent lorsqu'il passe en douceur avec une utopie en fond ! Ici, les être humains sont catalogués, classés et ont un avenir déjà tout indiqué. Où est la liberté ? Sous prétexte du bonheur, a-t-on le droit de supprimer le libre-arbitre ? Toutes ces questions me sont passées par la tête en lisant ce texte et je pense que chacun aura sa propre réponse... ou pas.

Un petit mot sur la plume qui est très agréable et soignée. Le fait d'inclure des passages du journal d'Arwyn est un très bon point. 

Dans la peau est un texte très agréable à lire et il nous permet de nous éloigner, pour quelques instants, de cette société qui commence à nous dicter les règles de "bonheur"et "bienséance" et d'en tirer les conclusions. 

Extrait


Olydia fronçait les sourcils en lisant ce passage : Arwyn se mettait à parler de son anniversaire. De son Amaria qui tardait à apparaitre. Elle ne savait que trop bien ce que cela signifiait et commençait à comprendre où voulait en venir Kelen en lui faisant découvrir son carnet.
Olydia referma le livret d'un coup sec et se mit à ressasser tout ce qu'elle avait appris.
Elle avait passé la nuit à parcourir les premiers mots de son amie, et relatait toujours à peu près la même chose. Des explications sur son univers parfait dans lequel il fallait absolument vivre, des louanges de la piela et de ses effets bénéfiques sur la destinés des gens. Elle avait même dressé la liste des tatouages existants. Il y étaient tous, ou presque.

vendredi 11 janvier 2019

Héritage Captif


TITRE : Héritage Captif
AUTEUR : Olivia BILLINGTON
EDITIONS : Nats Editions


Résumé


Comme toutes les femmes de sa famille, Mélina est une sorcière. Brutalement privée de ses trois tantes lors d’un incendie, elle est la seule à savoir qu’il ne s’agit pas d’un accident.

Décidée à découvrir la vérité, elle utilise son don de perception et tente d'extraire les souvenirs ancrés dans les objets des défuntes.
L’enquête s’annonce difficile, car Mélina doit taire sa véritable nature... À moins qu’elle ne puisse se fier à Valentin, ce jeune homme qui s'immisce bien malgré elle dans sa vie - hasard, destin ?
Parviendra-t-elle à trouver les réponses sans dévoiler son secret ?


Mon avis


Je remercie Nats Editions pour ce service presse. La couverture et le quatrième de couverture m’avaient fait de l’œil et impossible de résister !

L’auteur met en scène la jeune Mélina qui vient de vivre un drame familial : le décès brutal de ses trois tantes. On apprend rapidement que les femmes de la famille sont toutes des sorcières. Seulement avec la mort de Cornélia, Philomène et Lucinda, Mélina se retrouve seule sur le plan sorcellerie puisque son père, frère ainé des trois femmes, et sa mère n’ont aucun pouvoir. De plus, on découvre qu’il ne s’agit pas de décès accidentels, mais de meurtres, que Mélina a maquillé afin d’éviter les interrogations de la police. D’autre part, on fait connaissance avec Valentin, joueur malheureux de poker ayant perdu son emploi, qui a la mauvaise idée de dévaliser la demeure des trois sœurs afin de rembourser sa dette. Les deux jeunes gens vont lier d’amitié, des sentiments qui vont se développer…

L’intrigue de ce récit est très prenante. On cherche à découvrir en même temps que Mélina qui est responsable de la mort de ses trois tantes. L’auteur nous dévoile principalement des pans du passé de Cornélia qui était la marraine de la jeune femme. On saisit le lien fort qui les unissait… D’autre part, on prend part des interrogations de Valentin qui se doute bien que son amie lui cache des secrets capitaux. Les parents de Mélina m’ont apparu très froids, distants et, si on comprend un peu les raisons du père, j’avoue que la mère est demeurée un vrai mystère ! Enfin, il y a la meilleure amie de l’héroïne, Aude, un soutien inconditionnel. Seulement, on ne sait finalement pas beaucoup de choses à son propos. Finalement, j’ai trouvé Valentin et Mélina attachants, toutefois, j’avoue avoir eu un faible pour Cornélia. J’apprécierai beaucoup de lire un roman sur elle.

Si j’ai bien apprécié l’histoire dans son ensemble, le côté « enquête », celui de retour dans le passé et le thème de sorcellerie, il m’a manqué un peu de développement. Par exemple sur le monde de la sorcellerie en lui-même (mise à part une apparition, on n’en apprend peu) ou sur les tantes (surtout les jumelles Philomène et Lucinda). Certes, Mélina semble peu au courant, mais j’espérais que son enquête l’amène vers plus de réponses. Concernant la fin du texte, je ne m’attendais pas du tout à ça et ce fut une très bonne surprise.

La plume de l’auteur est fluide, simple, maîtrisée et on se laisse porter par le texte sans difficulté. Il y a eu juste quelques passages où le changement de narration m’a paru étrange. Il est vrai que j'apprécie qu'il soit identique du début à la fin !

Ce roman fut intéressant, une découverte agréable et le récit prenant. C’est le second livre d’Olivia  Billington que je découvre et son imagination est vraiment surprenante tout comme les conclusions qu’elle offre !

Extrait


Après avoir fermé la porte, je la verrouille. Qui est ce type ? Certainement pas un journaliste : j’ai bien senti l’hésitation dans sa réponse. Je me poste à la fenêtre et le guette. Il a l’air indécis, je me demande ce qu’il attend. Enfin, il part. Je le regarde s’éloigner jusqu’à ce qu’il disparaisse. L’écho de son pot d’échappement s’est tu.
Malgré son physique avantageux – métis, avec une peau chocolatée comme je les aime, et bien bâti, cheveux noirs un rien trop longs, qui rebiquaient un peu dans la nuque -, je ne lui accorde pas plus de deux minutes d’attention, puis je me dirige vers le séjour : je n’ai pas que ça à faire. Si je me laisse aller à penser, la tristesse va refaire irruption, et je ne pourrai m’en défaire.
D’une main un peu tremblante, je prends la robe rouge de Cornélia.
Un coup en plein cœur.

mardi 20 novembre 2018

Tellement Humains


TITRE : Tellement Humains
AUTEUR : Sonia BESSONE
EDITIONS : Nats




Résumé


Sonia Bessone sort des sentiers battus en proposant un recueil de nouvelles sur le thème de l'Homme.


Découvrez, à travers divers lieux et époques, des histoires touchantes, inquiétantes, périlleuses... tellement humaines.


Mon avis


Je remercie les éditions Nats pour ce service presse dont la couverture sublime m’a intriguée. Tellement humains est un recueil de nouvelles ayant pour thème l’homme, ses bons côtés et ses mauvais…

Sonia Bessone nous propose diverses nouvelles mettant en avant des sentiments divers tels que l’amour, l’amitié, la jalousie, etc… J’ai débuté ma lecture avec le texte Mais où est Carrie ? J’avoue que j’ai été très surprise par la finalité car le début n’annonçait absolument pas ça ! Certaines nouvelles m’ont particulièrement touchées, d’autres sont horriblement criantes de vérités. Les pires travers de l’homme sont abordés : de la jalousie et du meurtre depuis l’époque des cavernes, du désir de vengeance, ou encore de la violence conjugale menant à des actes désespérés. Hommes, femmes et enfants ne sont pas épargnés par les horreurs de la vie. Puis il y a les textes qui apportent une once d’espoir en cette humanité, une lueur de bonheur et d’amour, et parfois accompagné de tristesse ou de rédemption comme ceux évoquant les trois générations d’hommes d’une même famille qui se retrouveront le temps d’une journée et retisseront leurs liens et la confiance.

J’ai particulièrement été émue par la nouvelle Un soir d’octobre mettant en scène un bagnard évadé et une fillette. J’avoue que j’aurais vraiment apprécié que ce soit plus long. Beaucoup de personnages de ces nouvelles sont attachants, mais ces deux-là m’ont réellement touché au plus profond du cœur. La plume de l’auteur est percutante. Elle nous amène en quelques pages à nous transmettre un message clair et particulier pour chaque nouvelle. Ce texte fut très agréable à lire et permet au lecteur de se questionner quant à sa propre existence. Je pense que dans chaque histoire, on peut se retrouver…

Pour conclure, j’ai passé un bon moment en découvrant ce recueil qui propose au lecteurs diverses histoires avec des personnages de tout âge, de toute époque et de tout milieu social, et des thèmes permettant une remise en question quant aux travers et qualités de l’être humain.

Extrait d’Un soir d’Octobre


Elle resta immobile, à quelques distances de lui. Richard voulait s’en débarrasser, il lui lança une pierre. La petite s’écarta sur le côté, mais ne fut pas découragée et reprit sa filature. Richard abandonna et la laissa suivre sa trace. La fillette, croyant qu’il avait renoncé à la chasser de son regard dur, se mit à courir et arriva à sa hauteur. Elle marcha à ses côtés quelques instants, puis se saisit de la manche déchirée de la chemise de Richard. Il se dégagea d’un geste brusque. Elle ne sen formalisa pas et continua d’avancer, galopant de temps à autre, pour soutenir son allure rapide. Le fugitif ne savait que penser. Que faisait cette gamine dehors à une heure aussi tardive ? Pourquoi s’obstinait-elle ? Etait-ce une espionne ? Il s’arrêta. La petite vagabonde également. Elle leva les yeux vers lui.
-          Qu’est-ce que tu veux ? demanda Richard avec agressivité.
La petite ne fut pas intimidée.
-          Comment tu t’appelles ?
Richard fut surpris. Il ne s’attendait pas à cela. Il ne s’attendait pas à ce que quelqu’un s’intéresse à son nom. Il l’ignora. Mais l’enfant poursuivit :
-          Moi, c’est Juliette.

mercredi 25 juillet 2018

La course

TITRE : La Course
AUTEUR : Hina COREL
EDITIONS : Nats Editions


Résumé


Vous avez un rêve ? La Fédération peut vous l’offrir.
Participez à la plus spectaculaire Course de tous les temps ! 80 participants prêts à tout pour remporter la victoire. Et une seule récompense suprême offerte par la Fédération.
Mais n’oubliez jamais : Méfiez-vous de vos adversaires et encore plus de vos alliés.

Mon avis


Voici le second roman d’Hina Corel que je lis. La Course m’a fait de l’œil aux Imaginales d’Epinal où j’ai d’ailleurs rencontré cette auteur très sympathique. Et le mois dernier, j’ai craqué, il me le fallait, je l’ai acheté… et rapidement lu.

J’ai retrouvé avec plaisir cette plume qui m’a séduite avec Hélia Meldyn. La Course est une œuvre que je qualifierais de Dystopique à la façon Hunger Games ou Divergente mais sans tout le tsouin tsouin de catégories où ranger les personnages. Dans le monde de La Course, on traverse plusieurs contrées totalement sorties de l’imagination de l’auteur (nous avons d’ailleurs une carte au début du roman) et un objectif : gagner La Course. Le chemin est long, laborieux, dangereux mais le gagnant peut réclamer n’importe quoi, il l’aura : richesse, mort d’une personne, liberté, etc… Et ils sont quatre-vingt à vouloir remporter la première place ! Tous ont une raison de faire cette course, et parfois surprenante…

On fait connaissance avec Kimlay, une jeune femme qui rêve de pouvoir se venger. Cette dernière vit avec sa sœur jumelle Sidnay et un ami de leurs parents Ossian. Ils sont originaires d’une contrée ayant vécu un coup d’état. Beaucoup de personnes sont mortes. Les parents des jumelles ont disparu et les filles ont réussi à s’enfuir avec Ossian qui, depuis, veille sur elles. Kimlay doit avoir dans les 18 ans puisque ça fait 4 ans qu’elle s’inscrit à La Course et on ne peut y participer qu’à partir de 15 ans. Le passé de cette jeune femme la rend plus mature. Et ça donne au récit une tournure plus adulte…

Revenons au récit… Sidnay est tiré au sort mais ce sera Kimlay qui prendra sa place. Dès lors pour la jeune femme, débute une Course pleine de surprises. Méfiez-vous de vos adversaires et encore plus de vos alliés. L’adage de La Course ne cessera de revenir et surprendra le lecteur à plus d’une reprise !

J’ai aimé cet univers original. L’auteur a mis en place des règles très précises et un plan concis sur la Course et son univers (la création des équipes, la façon de séduire une écurie, les règles de chaque étape). J’ai aimé le rythme du roman et l’intrigue. J’ai également beaucoup apprécié les personnages surtout Zath. Sur certains il plane toujours un mystère à la fin mais c’est bien conçu. On voit l’évolution de Kimlay au fur et à mesure que les jours passent et j’ai apprécié sa personnalité et son ouverture face aux autres. J’ai trouvé formidable la façon dont l’auteur présente la Fédération et ce système de téléréalité. Car c’est bien de la téléréalité avec juste des coupages de scènes pouvant faire dire tout et n’importe quoi ! On est de cesse surpris et du coup, vers la fin on se demande ce que nous réserve encore l’auteur ! C’est un livre que j’ai dévoré en une journée (il fait pourtant 277 pages), c’est un pur régal ! Le fait que ce soit un one-shot est un pur délice car justement j’ai eu du mal à me détacher des personnages et de l’histoire (au point d’en imaginer une suite).

Bref, Hina Corel a signé une nouvelle fois un superbe récit qui plaira aux jeunes et aux moins jeunes… Les détails, l’intrigue, les personnages, l’univers et la plume : rien n’est à redire ! C’est un coup de cœur !

Extrait 


Dix minutes plus tard, nous franchissons la Porte. Je reste 1ère. C’est plutôt bien. D’autant que les premiers demeurent dans mon champ de vision. Tant que leurs silhouettes ne diminuent pas, c’est bon signe. Nous filons ainsi pendant deux longues heures, traversant des prairies ou frôlant les lisières des forêts.
Jusqu’à ce qu’un incident arrive.
Devant moi, un réacteur explose soudain et me plonge dans un brouillard noir opaque. D’un geste brusque, je me déporte alors sur ma droite et esquive de justesse un adversaire tout aussi aveuglé que moi par l’épaisse fumée. Nos deux bolides s’éraflent légèrement avant de reprendre une distance respectable. J’ignore celui qui rencontre des difficultés et double son aldaplane vert à tout allure. Ce n’est pas Zath en tout cas. Et j’en suis un peu soulagée. Ce problème technique me permet de remonter de quatre places. Quand je traverse une nouvelle Porte dix minutes plus tard, je suis à la neuvième position.
Il est midi bien passé quand la voix de Zath se fait entendre.
- Vous vous arrêtez pour manger ?
Mercury entre aussitôt dans la conversation.
- Ne vous arrêtez pas ! C’est l’étape la plus courte, vous pouvez bien attendre ce soir. Vous avez quelques provisions dans vos aldaplanes si vraiment vous ne pouvez pas tenir.
De toute façon, je n’avais pas l’intention de faire une halte dans un restaurant de la région pour goûter leurs spécialités. Cette première épreuve ne dure que dix heures et personne ne s’arrêtera à moins d’un problème urgent. Comme l’explosion d’un réacteur par exemple.

jeudi 17 mai 2018

L'abîme au bout des doigts

TITRE : L’abîme au bout des doigts.
AUTEUR : Olivia BILLINGTON
EDITIONS : Nats Editions


Résumé


Ailina et Gabriel sont unis par le sang, mais aussi par un étrange don. D'un simple contact, il repère les meurtriers. D'un simple contact, elle les élimine. Cependant, cette faculté secrète réclame son tribut. Alors que Gabriel souhaite y renoncer, Ailina en jouit et s'égare... De rencontres en découvertes, sauront-ils faire face au danger ?

Mon avis


Je remercie Nats Editions pour ce service presse. L’abîme au bout des doigts est un roman mêlant habillement le thriller, l’action, la romance et le fantastique.

Ailina et Gabriel sont frère et sœur. Tous deux cachent un secret, un talent extraordinaire qu’ils mettent en application pour traquer et éradiquer des criminels qui tuent pour le plaisir. En parallèle, ils mènent une vie normale. Gabriel est marié, fou amoureux de sa femme, Nathalie, avec laquelle il tente d’avoir un enfant. Ailina est une jeune femme pleine de vie, qui s’amuse avec ses amies mais qui prend un peu trop de plaisir à donner la mort, jusqu’au jour où elle rencontrera un homme qui fera chavirer son cœur : Joshua. La fratrie pense être la seule à posséder ce don jusqu’à ce que Gabriel fasse connaissance avec Aurore et Quentin, frère et sœur également, qui lui expliquèrent certaines particularités de leurs talents dont celle qui fait faire des nuits quasi blanche à Gabriel. Dès que le jeune homme touche un de ces meurtriers qu’il traque, il rêve de lui et de ces crimes mais en étant à la place de la victime et en ressentant la terreur et la douleur de cette dernière. Ainsi, il comprendra pourquoi sa jeune sœur a tant changé. Elle s’identifie aux tueurs.

Ce roman mêle diverses petites intrigues reliées les unes aux autres : l’évolution psychique de Gabriel et Ailina, le secret de Joshua et un fait qui touchera profondément Gabriel. Le fantastique (mis en avant par le talent de fratrie) et le thriller sont deux univers très différents qui, pourtant, vont très bien ensemble. L’auteur a su manier habillement ces deux genres et a su me surprendre dans l’intrigue et le fil du récit qui a des rebondissements singuliers auxquels on ne s’attend pas. En sus de l’amour passionnel liant les couples, j’ai ressenti la puissance de l’amour fraternel et sa place importante au centre de ce texte.

La plume de l’auteur est simple mais efficace. Elle est riche en rebondissements et se concentre plus sur les émotions fortes et la sensibilité que peut avoir le lecteur au vu des événements. Par contre, je dois avouer que seul Gabriel m’a particulièrement touché. Je n’ai pas eu d’attaches particulières avec Ailina. La fin m’a scotchée car ce n’est pas le genre auquel je m’attendais mais quelques questions restent sans réponse ou vagues. Cependant, c’est la meilleure fin pensée. J’ai passé un très bon moment de lecture, ça change beaucoup de ce que je lis habituellement.

Extrait


Gabriel ouvrit le message envoyé par Aurore et cliqua sur le lien qu’elle lui adressait.
Il lut que le rythme préconisé pour les purges était d’une tous les trois mois, pour préserver les possesseurs du don. Il eut droit aux récits horrifiques de ceux qui n’avaient pas respecté le précepte : les cauchemars avaient pris le dessus, hantaient même le jour et étaient devenus de plus en plus réels, causant folie et internement dans deux cas connus et décès dans un autre, survenu après une crise cardiaque. Quant aux jeunes femmes, la première avait tué des innocents à mains nues et dans un regain de lucidité s’était donné la mort ensuite, la deuxième avait été arrêtée pour meurtres, et la troisième était toujours en cavale et essaimait sans doute encore des cadavres, à moins qu’elle ne soit décédée entre temps puisque les faits remontaient à trente ans.

LU EN PARTENARIAT AVEC


mardi 10 avril 2018

Helia Meldyn - Tome 1 - La fille du Vent

TITRE : Helia Meldyn
Tome 1 – La fille du Vent
AUTEUR : Hina COREL
EDITIONS : Nats Editions


Résumé


Helia Meldyn n´a jamais cru en la magie.
Pourtant, lorsqu´elle découvre le pouvoir insoupçonné de son magnifique collier, elle va douter.
Comment ce bijou, déniché au fond d´un fleuve, peut-il lui permettre de contrôler le vent ?

Pour échapper aux chasseurs de trésors, la jeune fille n´a pas d´autre choix que de suivre les Tueurs Écarlates à Aldarin, la capitale enchanteresse du royaume, pour y intégrer une célèbre école militaire et peut-être retrouver la trace de son père disparu.

Mon avis


Je remercie Nats Editions pour sa confiance. En effet, lors d’un appel Service Presse, j’avais postulé pour un autre roman qu’Helia Meldyn, mais comme il y a eut bon nombre de postulant, la maison d’éditions m’a contacté afin de me proposer un autre roman. Et quelle jolie découverte…

La jeune Helia et son père quittent leur village afin de rejoindre la ville. Le pays est en guère et les ennemis se rapprochent du lieu où vivaient la jeune fille. Hélia découvre un monde nouveau pour elle où la magie est sous-entendue. Sur le chemin, Helia découvre au fond de l’eau d’un fleuve une épée magnifique et un collier. Lors d’une altercation, le père d’Helia se fait enlever par des marcheurs (on pourrait les décrire comme des gens sachant se téléporter) . Dès lors la jeune fille se met en tête de tout faire pour le retrouver. Deux ans plus tard, alors qu’elle a été recueillie par Mira, jeune mère de famille, vivant seule avec son fils Jason, Helia désire les aider financièrement en vendant l’épée. En compagnie de son ami Haden, la jeune fille va se retrouver au sein d’une aventure qu’elle n’aurait jamais pu imaginer, et entrera dans l’école militaire d’Altagar, grâce au collier qui s’avèrera être un Narak et à Jildan, un tueur écarlate possédant lui aussi un collier. Les Naraks sont des objets très rares et très convoités. Ils possèdent une magie elfique liée à un élément : pour Helia c’est le vent. Aussi la jeune fille va se retrouver être la cible d’attaques, mais elle pourra compter sur le soutien de ses amis.

Je n’ai pu résister à faire un gros résumé du début de ce roman. Mais j'ai été surprise par le récit dont le résumé sur la couverture me préparait à autre chose (quoi, je ne sais pas mais pas à ça). Nous sommes dans un univers de Fantasy. L’auteur nous présente dès le début une carte du pays en question. L’ancienne civilisation des elfes a disparu mais quelques traces de magie restent dont les Naraks. Helia est une jeune fille ordinaire jusqu’à ce qu’elle mette autour de son cou ce collier ! Et une fois mis, il est impossible de l’enlever d’où le fait que le porteur est souvent en danger de mort. Le récit est captivant et haletant. Plusieurs intrigues apparaissant et seule une est résolue à la fin de ce premier tome, ce qui annonce des tomes suivants tout aussi intrigants et haletants. 
Les personnages peuvent paraître nombreux mais le lecteur s’y retrouve facilement ! Nous avons Helia et ses amis Haden et Varden (des apprentis marcheurs), Ziwia, Yda et Ryth (élèves à Altagar et futurs guerriers), mais aussi Jildan qui fera office de tuteur ou de protecteur… D’ailleurs je trouve Yda et Varden très mystérieux : cacheraient-ils quelque chose ? Evidemment, il y a aussi des personnages secondaires mais tous ont leur place et leur rôle dans le récit. Tous ont leur importance ! Le père d’Helia semble être une clé importante de ce récit. Son enlèvement est la preuve qu’il cachait un secret… C’est à sa fille de découvrir lequel.

La plume de l’auteur nous emmène sur les chemins de ce monde crée de toutes pièces et on sent qu’elle nous réserve de belles surprises. J’ai adoré le concept de l’école, le sport (le Krasten) crée avec ses règles, la notion de danger et d’ennemis. Je n’ai pu m’empêcher de me rapprocher de J.K. Rowlings (surtout pour le Krasten). La magie est bien plus présente qu’il n’y parait… Et la fin annonce des changements flagrants dans ce monde !

Un petit mot enfin pour la couverture de ce roman. Elle est typique du style Fantasy et ses couleurs plus claires donnent plus de douceur (ce qui peut manquer dans la Fantasy). C'est un très bon choix !

Ce fut une lecture très agréable, avec ce qu'il faut d'actions pour rendre la lecture intense et sans ennui. J'avoue que ça frôle le coup de coeur.... (j'attend la suite pour basculer). Le récit a été monté dans la tradition Fantasy et c'est un domaine littéraire que j'apprécie beaucoup. J’ai vraiment hâte de découvrir la suite des aventures d’Hélia. Surtout que l’aventure, l’action, les mystères ne manquent pas… Helia ne parait pas si ordinaire que ça au final… Quant à l’amour, je me demande ce que l’auteur va faire (s’il y a aura une romance en sus ou pas).

Extrait 


Quelque chose frôla soudain ses jambes. Retenant un cri de surprise, Helia plongea aussitôt la tête sous l’eau. A sa place, certains auraient regagné la berge à toute vitesse en hurlant de peur, mais l’adolescent n’était pas du genre à céder à la panique. Ses yeux argentés se posèrent sur un poisson assez gros qui filait dans le lointain. Elle le trouva particulièrement moche. A bout de souffle, elle s’apprêtait à se redresse quand elle remarqua un scintillement. Un objet, à moitié enseveli sous la vase brillait sous les rayons du soleil qui transperçaient la surface. Il se trouvait pratiquement au milieu du fleuve. Après avoir repéré l’endroit, la jeune fille battit des jambes pour remonter rapidement et remplir ses poumons d’air. Son père lisait toujours. Elle mourait d’envie d’examiner d’un peu plus près cet étrange reflet, mais craignait la réaction de son paternel si elle s’éloignait trop du rivage. 

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lundi 19 mars 2018

Dahaka - Tome 1 - Ormazd, l'oublié

TITRE : Dahaka
Tome 1 - Ormazd, l'oublié
Une histoire de Abdel Kader LHAKKOURI
Dessins et couleurs par Yvan POSTEL
EDITIONS : Nats Editions


Résumé


Au pays d'Al-Watan, les temps d'harmonie ont cédé la place à la guerre et à l'oppression.

Elijah, un orphelin consumé par la rage, revient d'un long exil avec un objectif :
venger son peuple et le pousser à la révolte...

Même au prix de son âme...


Mon avis


Je remercie Nats Editions pour ce Service Presse. C’est la première fois que je lis une Bande Dessinée en SP et sous format numérique. Le seul souci que j’ai eu c’est que je n’ai pas les couleurs sur ma liseuse. Afin de me faire une idée, j’ai pu trouver sur Google des extraits en couleurs…

Le titre, en lui-même, m’a intrigué puisque Dahaka est connu pour être un personnage dans Prince of Persia : le Gardien du Temps. Puis ce fut le dessin sur la couverture qui a attiré mon œil. Le personnage parait très jeune, les traits du visage notamment le nez, m’ont fait penser à une BD pour jeunes lecteurs. Mais rien qu’au coloris et à l’expression sérieuse des yeux, j’ai compris mon erreur.

Nous sommes dans un monde de type oriental où deux castes s’affrontent : les Mitras et les Varunas. Les premiers ont organisé une purge afin d’éradiquer les seconds. On suit les aventures d’un jeune homme, Elijah, qui, lors de sa fuite, rencontre un vieil homme qui va le former à devenir un spenta afin de mener la rébellion contre les Mitras. Il prendra l’identité de Dahaka pour accomplir sa mission.

Le récit est intriguant. On se retrouve dans un univers fantasy avec ce style oriental dans le paysage et l’architecture qui rappellent certaines histoires telles qu’Aladin. Le coup de crayon donne un aspect adulte et mature, et l’écriture confirme cela. Les couleurs utilisées sont sombres comme l’est l’intrigue. Elijah est en colère et va mener un combat sans merci. On a un aperçu, notamment au début, d’un épisode de son passé, qui je suppose, va ressurgir au fil des tomes afin que le lecteur puisse reconstituer le puzzle et mieux cerner la personnalité ambiguë de ce personnage.

Ce fut une jolie surprise. J'ai apprécié l'intrigue et les dessins, et j’ai hâte de découvrir la suite de Dahaka.

Extrait

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jeudi 8 mars 2018

Au bout du fil

TITRE : Au bout du fil
AUTEUR : Sylvie ARNOUX
ILLUSTRATEUR : Sabrina MOGUEZ
EDITIONS : Nats


Résumé


À la fin du XIXe siècle, dans les montagnes cévenoles, Louise et Raymond rêvent d'aventures. Passionnés par les technologies naissantes, ils souhaitent quitter leur village, découvrir les Amériques et ainsi échapper au travail dans les moulinages, ces usines qui fabriquent le fil de soie. Leurs rêves vont les entraîner beaucoup plus loin que prévu...

Dans ce roman à l'ambiance steampunk campagnard, découvrez la rude vie de ces milliers de filles et de garçons embauchés dès leur plus jeune âge dans les moulinages. Mais aussi comment une des technologies les plus en vogue aujourd'hui trouverait son origine au cœur de l'Ardèche.

Mon avis


Je remercie Nats Editions pour ce service presse qui m'a permis de découvrir le genre Steampunk en version Jeunesse. Le fait que le récit se déroule en Ardèche m'a incité à la découvrir puisque ma grand-mère est ardéchoise et que j'y ai habité pendant presque trois ans. De plus, il existe une version Dys et Dys + ! C'est sympa de penser aux dyslexiques.

On pénètre dans un univers que je connais un peu pour avoir visité quelques musées là-dessus : le moulinage qui est une usine qui travaillait le fil dérivé des cocons des vers à soie, dans les années 1880. Louise a quinze ans et doit aller travailler. Seulement, la jeune fille aime l'école et apprendre. Son désir c'est de découvrir le monde extérieur à son petit coin d'Ardèche. Malheureusement, son père n'est pas de cet avis. Louise va alors s'enfuir avec Raymond, le fils de son instituteur. Quelques années plus tard, on retrouve le frère et l'une des sœurs de Louise, Martial et Jeanne qui subissent les maltraitances de leur travail. Toutefois, des choses étranges se passent au moulinage des Béalières : des inscriptions étranges apparaissent et s'effacent sur les murs, et des filles disparaissent dont Marie, la sœur de Louise, Martial et Jeanne.

Ce texte est sympathique pour les jeunes lecteurs qui pourront s'initier au genre de steampunk. L'écriture est fluide et a un côté « instructif » en mettant en avant une période du passé et du patrimoine de ce département français qu'est l'Ardèche. Les illustrations sont intéressantes et témoignent du . Il y en a une au début de chaque chapitre, donnant ainsi un indice sur l'intrigue. Dans le genre steampunk, l'auteur a choisi de mettre en avant l'une de nos communications actuelles. Chut ! Pas un mot de plus...
Mêlant l'intrigue technologique et l'intrigue familiale, Au bout du fil est un beau livre, original, qui sera apprécié des jeunes et des moins jeunes. D'ailleurs, la fin est, pour moi, plus pour des lecteurs plus matures. On sent la recherche de ce texte et le travail effectué.

Pour conclure, j'ai passé un bon moment de lecture. Cet ouvrage est très bien travaillé, instructif et convenant pour un large lectorat.

Extrait


Martial et Jeanne traversèrent l'immense salle voûtée qui abritait les moulins. Ce soir, tout était à l'arrêt, mais le travail reprendrait demain dès l'aube. Si le patron avait pu, il n'aurait jamais donné un jour de repos à ses ouvrières. Mais les contrôles s'intensifiaient, et il avait eu droit à une visite surprise il y a quelques mois. Une dénonciation anonyme avait révélé qu'il employait encore de jeunes enfants de moins de huit ans, ce qui était maintenant formellement interdit depuis une loi votée en 1841. Pour éviter l'amende, il avait envoyé les minots se cacher dans les sous-sols.
- Martiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal, hurla une contremaîtresse embusquée dans un coin sombre de la salle.
Les enfants sursautèrent.
- Où vas-tu ? Tu sais que l'étage et le dortoir des ouvrières te sont interdits. Ta sœur connaît le chemin. Elle est muette, mais pas aveugle... Rejoins ta paillasse de suite.
Matial jeta un coup d'œil complice à Jeanne qui lui fit signe de ne pas réagir. Ils se séparèrent. Pourtant, il ne put s'empêcher de marmonner en passant à côté de la bougresse :
- Elle parle plus ma sœur, c'est la faute au doyou ! Il bouffe les pauvres ouvrières. C'est...

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Les Originels, Tome 3 - L'accomplissement

  TITRE : Les Originels Tome 3 – L’accomplissement AUTEUR : Charlène GROS-PIRON EDITIONS : Anyway Editions Résumé L’équilibre est rompu, le ...